Tokyo Zodiac Murders de Sôji Shimada

Tokyo Zodiac Murders, Soji Shimada, Editeur Rivages, février 2010, 381 pages

« A la veille de la Seconde Guerre mondiale, dans le climat étrange du Japon impérial, une stupéfiante série de meurtres déroute la police et tient la population en haleine. Ce qui commence comme un classique mystère de chambre close, par l’assassinat du vieux peintre reclus Heikichi Umezawa, prend une dimension unique en son genre lorsque les cadavres des membres de la famille Umezawa sont progressivement retrouvés, chacun amputé d’une partie de son corps en fonction de principes astrologiques et alchimiques, afin d’assembler une entité supérieure : Azoth. Qui a assassiné Heikichi, violé et tué sa fille aà®née, puis tué ses six autres filles et nièces ?

Des notes, retrouvées près du corps de Heikichi, expliquent où chercher les filles disparues, et pourquoi telle partie du corps de chaque victime doit être prélevée. Qui est ce docteur Frankenstein japonais? Pourquoi avoir laissé ces documents ? Que signifie son œuvre picturale, consacrée au zodiaque ? Heikichi serait-il encore vivant pour que s’accomplisse ainsi ce qui est annoncé dans ses notes ? Dans ce cas, qui est le premier mort ? Ou alors avait-il une âme damnée prête à  mener à  bien son projet délirant ? Et… où est passée Azoth ? Près d’un demi-siècle plus tard, sollicités par une femme dont le père récemment décédé a été mêlé à  l’affaire, l’astrologue, logicien et détective Mitarai et son assistant Ishioka s’attaquent à  cette énigme diabolique. »

Au Japon, ce polar a fait sensation il y a une trentaine d’années. Et maintenant qu’il est traduit en français, on va nous aussi avoir la chance de s’amuser un peu en faisant fonctionner nos petites cellules grises, car l’auteur nous met régulièrement au défi de résoudre l’énigme qui tient son peuple en haleine depuis 1936.

L’auteur interpelle directement le lecteur, le mettant au défi :
« Le défi lancé au lecteur. Peut-être est-il un peu tard. J’espère évidemment que les lecteurs feront preuve de fair-play, mais je souhaite tellement qu’au moins un d’entre vous réussira à  résoudre cette énigme que je ne peux m’empêcher de vous encourager avec ces quelques mots : il va sans dire que vous êtes désormais en possession de tous les éléments nécessaires. N’oubliez pas que la clé de l’énigme est limpide et qu’elle se trouve juste sous votre nez. » (Shimada Sôji, page 282)

Original à  plus d’un titre : Nous sommes au Japon, un pays décrit dans son évolution de 1936 à  la fin des années 70. Egalement parce qu’aux mystères « classiques » (la chambre close) l’auteur associe le thème moderne du serial killer. Son détective est totalement décalé, hors norme : moins il travaille, moins il est connu, plus il est content.

Ce roman a un charme étrange. A lire !