Mon premier livre de l’année 2025 m’a laissée sonnée. Une vie comme les autres (A Little Life) de Hanya Yanagihara est de ces romans qu’on n’oublie pas. Long, dense, parfois insoutenable, il explore l’amitié, la réussite, mais surtout les cicatrices invisibles que certains portent toute leur vie.

Quatre amis, une vie entière
Le roman suit quatre amis – Jude, Willem, JB et Malcolm – de leurs années étudiantes jusqu’à leur maturité. Chacun trace sa trajectoire dans le New York des artistes, des architectes et des avocats.
Mais très vite, c’est Jude qui capte toute la lumière sombre du récit. Derrière sa réussite professionnelle, il porte un passé marqué par la violence, les abus, la douleur physique et psychologique.
Une écriture réaliste, presque trop
Ce qui m’a frappée, c’est la manière dont Yanagihara écrit : directe, précise, presque clinique parfois. Les scènes de trauma ou d’automutilation sont décrites avec une telle intensité qu’on est happé, mal à l’aise, incapable de détourner le regard. C’est peut-être la première fois qu’un livre me fait cet effet. On est dans la tête de Jude, dans son corps, et c’est dérangeant parce que cela paraît terriblement réel.
Un livre long, mais jamais ennuyeux
Avec ses plus de mille pages (en poche), on pourrait craindre de se perdre. Mais non. La narration alterne les points de vue, explore le passé et le présent, et déploie les liens entre les quatre amis. On avance comme dans une fresque, captivé par le désir de savoir ce qui va arriver, malgré la lourdeur des thèmes. J’ai lu vite, presque d’une traite, tant la tension est forte.
Pour lecteurs avertis
C’est un livre qu’il ne faut pas mettre entre toutes les mains. Les thèmes abordés – abus, mutilation, dépression, suicide – sont d’une rare violence. Mais si l’on est prêt à les affronter, le roman offre une expérience de lecture unique : une plongée dans la fragilité humaine, la résilience, et la façon dont l’amitié peut (parfois) tenir lieu de famille.
Ce qu’il m’a laissé
Un malaise profond, mais aussi une admiration pour la maîtrise de l’écriture. C’est un roman-puzzle qui bouscule, dérange, et reste. Un livre qui secoue au point qu’on ne peut pas l’oublier une fois refermé.