Chaque été, on croit gérer son jardin ou son panier de marché… et ce sont elles qui nous gèrent. Trop, toujours trop. La courgette est un légume démocratique : elle pousse chez tout le monde, elle finit dans tous les sacs. Elle circule entre voisins comme une monnaie d’échange : accepter un sac, c’est signer pour une semaine de gratins et de poêlées.
Pourquoi on en met partout
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Économie : ça permet de cuisiner en quantité sans exploser le budget.
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Anti-gaspillage : quand il y en a trop, on cherche toujours à les utiliser au maximum.
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Cuisine pratique : râpée, sautée, farcie, sucrée… elle s’adapte à tout, quitte à se camoufler.
Le vrai problème
La courgette n’a pas de goût fort. C’est sa force et sa faiblesse. Bien traitée (essorée, relevée, cuite comme il faut), elle se fait alliée. Maltraitée, elle noie ton cake ou te sert une poêlée fade. Derrière sa neutralité, elle t’oblige à cuisiner vraiment.
Un miroir de notre époque
Trop abondante → on partage.
Pas chère → on en profite.
Neutre → on relève avec herbes, épices, fromage.
Finalement, la courgette résume nos petits arbitrages du quotidien : faire avec ce qu’on a, éviter le gâchis, inventer de nouvelles façons de l’aimer.
La courgette n’a peut-être pas beaucoup de goût, mais elle a une histoire : celle d’un légume qui nous force à inventer, partager et alléger. C’est sans doute pour ça qu’on finit toujours par lui trouver une place dans l’assiette.